L'Escargot Migrateur

Pourquoi, vers où ?

Notre projet politique

Le postulat de départ de la démarche de l’Escargot Migrateur est qu’il est préférable de faire ensemble plutôt que de faire seul.
Sans doute cela vient-il du constat de l’inefficacité de l’individu isolé pour changer profondément les structures d’un monde construit par un petit nombre de personnes, dans l’intérêt d’un petit nombre de personnes. Peut-être que cela vient aussi d’un doute sur la pertinence d’une pensée individualiste qui, souvent, sert, reproduit, ou fini par rejoindre les intérêts de ce petit nombre de personnes, par cooptation ou par corruption, .
Une chose est sûre : il nous apparaît, comme à tant d’autres, que le principal rempart contre l’appropriation du pouvoir par un petit groupe égoïste c'est de faire ensemble, de partager nos courages, de créer des espaces collectifs de lecture politique, de sortir les sensibilités de l’isolement, du sentiment d’inutilité ou d’impuissance, de mettre en commun nos ressentis, nos analyses et nos actions.

Nous constatons tous les jours l’efficacité de la coopération, dans les groupes que nous accompagnons, dans les actions que nous suivons.

Il s’agit souvent d’un changement de paradigme : on passe d’une logique de compétition à une logique de coopération. Dans cette logique, le plus fort ne gagne pas toujours et le groupe s’enrichit considérablement des points de vues des plus faibles. Lorsque l’on cherche à ce que chacun soit vraiment associé, la puissance et la solidité des aventures collectives se renforce de façon spectaculaire. Chacun peut contribuer à la porter, à l’éclairer de son point de vue singulier.

 

 

Faire ensemble c’est aussi prendre le temps.


Le temps de refuser les pensées toutes faites, le temps d’interroger nos expériences et nos connaissances, de relever le défi de la complexité, d’aller glâner des points de vues, des théories qui alimenteront l’action. C’est aussi choisir de prendre soin des individus, tous les individus, et de prendre soin du groupe ; construire des espaces concrets où la solidarité pourra s’exprimer, s’essayer, s’exercer.
Prendre le temps de déconstruire nos conditionnements, prendre le temps d’échouer de mieux en mieux. Contre l’injonction à l’urgence et au superficiel nous répondons par la lenteur et la richesse des espaces qu’elle nous ouvre !
Finalement, très souvent, cette lenteur nous fait gagner beaucoup de temps...

Il y a aussi, dans le projet politique de l’Escargot Migrateur, une idée de montée en puissance d’une la société civile qui s’arme d’une solide culture de la coopération, d’alliances et d’espaces de solidarité. Une société civile 3ème pouvoir entre l’économique et le politique institutionnel.

Il y a enfin toutes ces pensées qui nous font croire que rien n’est possible, « c’est dans la nature de l’homme », « c’est une loi de la nature », « c’est un problème individuel va plutôt voir un psy ! »… Des pensées qui nous racontent que notre monde ne peut pas changer, ou alors que « ce sera pire »,  « ce sera triste et dangereux », « mieux vaut faire avec »…
Ces pensées, nous les combattons parce qu’elles sont portées par ceux qui ont intérêt à ce que notre monde ne change pas et que nous avons conscience que cette illusion est une de leurs plus puissantes armes.
À ces pensées nous répondrons d’abord par la voix de Margaret Mead (anthropologue) :

Ne doutez jamais qu’un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. C'est d'ailleurs toujours comme cela que ça s'est passé ! 

Puis par celle de Saul Alinsky :

Il n’y a rien de plus immoral que de refuser systématiquement de se donner les moyens d’agir.

Enfin nous dirons, comme Alinsky ou Ruffin que ce chemin se fera dans la joie.
Faisant partie de la stratégie, la joie est incontournable dans l’efficacité de nos actions.

 

"Una lucha sin alegria es una lucha perdida" - Buenos Aires

"Una lucha sin alegria es una lucha perdida" (Une lutte sans joie est une lutte perdue) - Buenos Aires, 2016