L'Escargot Migrateur

L'Escargot Migrateur anime des formations, et accompagne des structures de la société civile.

Nous construisons, nous pensons, nous inventons, nous combattons pour un monde plus juste. Nous rayonnons sur toute la France et agissons aussi régulièrement à l'étranger. Mais là où on intervient le plus souvent, c'est en Bretagne, en Normandie, en Auvergne et en Rhône-Alpes.

Ce qui nous porte beaucoup en ce moment, c’est d’accompagner des territoires, des villages, des secteurs sur un temps long, mettre en place et installer des cultures de coopération, plus pertinentes, plus fortes, plus puissantes, pour répondre pleinement aux enjeux et aux besoins des territoires concernés.
À Groix avec les Semeurs de Santé, on se régale ; à Simorre avec le café le Bouche à Oreille qui passe en SCIC (130 sociétaires dans ce village de 1000 habitants), et l’émulation du village, aussi c’est passionnant !
Alors notre programme de formation de cette année est moins fourni que les deux dernières années... et aussi parce que Lucile part en congé maternité !! Youhou !


Actualités

Avec qui et pourquoi agissons-nous ? - mardi 5 novembre 2019 - Action collective | Pouvoir d'agir | Actualités

Ici c’est la tempête : de l’eau, du vent, des embruns, de l’humidité.
L’hiver commence fort.
Imprégnés par les éléments, nous tentons d’avancer dans la complexité en chassant la morosité.

Les formations se préparent et des journées d’accompagnement pour des collectifs en difficulté viennent se caler dans le peu d’espace qu'il reste.
La réforme de la formation professionnelle continue de nous ronger petit à petit. Elle nous épuise, lentement mais sûrement.
La radio hurle son lot de vulgarités et d’effondrement démocratique, c’est d’une tristesse...

Alors, on respire et on se recentre.

Dans ces moment je me répète Gramsci en boucle : "Il faut opposer le pessimisme de la raison à l’optimisme de la volonté."
Il faut aussi parfois revisiter les actes et relire le sens de ce qu’on produit.

Avec qui et pourquoi agissons-nous ?
Prenons le programme, d’un mois :

☛ D'abord un accompagnement de collectif en crise, c'est dur pour eux. Ils travaillent dans des conditions épuisantes, ne se payent pas ou presque. Ils sont pourtant si utiles.
Il va falloir trouver comment les accompagner à négocier avec les structures politiques qui régissent leur temps (et qui semblent invisibles, comme toujours).

☛ Mardi prochain, des équipes professionnelles, engagées dans leur île.
Commencer par les méthodes de mobilisation et d'analyse, de réflexion collective pour tisser un avenir où il est possible de penser les politiques de santé ensemble, tous ensemble.
"Ce que tu fais pour les autres sans les autres, tu le fais contre les autres."

☛ 10 jours plus tard, à Toulouse, une formation. Comment la culture peut faire de la transformation sociale et contribuer à la vie démocratique, là où elle intervient ?
Car elle le peut, elle le fait parfois. C'est éminemment politique. Il faut reprendre toute l'histoire et se raconter une autre histoire où le politique ne dissèque pas : le social d'un côté, le culturel de l'autre.

☛ Passage éclair de 2 jours dans un lieu collectif. Une aventure très généreuse. Dans la tempête, elle aussi.
Peu de temps pour accompagner l'analyse et négocier le virage, trouver où se cachent les freins, ce qui qui empêche l’enthousiasme. Trouver les leviers structurels dans la dynamique collective.
Passer un cap. Et le célébrer.

☛ À Rennes, début décembre, je retrouverai une équipe, grande structure balayée par les vents et les marées (comme nous tous) mais qui tient bon depuis longtemps.
Faire un point, trouver les angles, nourrir ensemble la culture de la coopération. Être méthodique et rigoureux. Penser les dominations structurelles, trouver les leviers pour les travailler au corps.

 

Et puis il y a les formations et les accompagnements qui se préparent pour l’année prochaine, c’est bien rempli déjà.

Ça prend du temps de construire du sens, d’être certains que les objectifs que l’on formule soient atteignables, d’être volontaires et généreux dans les transformations que l’on souhaite entreprendre ensemble.
Naviguer dans la tempête, dépend bien souvent de la préparation et de l'organisation...

Et puis nous travaillons notre structure, l’Escargot.
Comment tenir bon nous aussi ?!

Jaures dans le Discours à la jeunesse, à Annecy :

Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit : c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli, (...) cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues. Le courage, c’est d’être tout ensemble et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés. (...) ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

La fameuse réforme de la formation nous prend toujours beaucoup de temps et d’énergie. Au point qu’on cherche vraiment à se réorganiser pour mieux vivre tout ça. On creuse avec les copains. Et on cherche aussi très fort du coté des structures coopératives existantes. L’idée de rejoindre une coopérative d’activité germe en nous. Elle germe depuis longtemps déjà..
Et nous enchante de plus en plus ! Elle pose d’innombrable questions, certes, mais nous pensons vraiment que l’avenir tisse sa toile la plus belle dans ces aventures-là.

Voilà donc le mois qui vient.
Plein de questions, de tensions, mais aussi plein de rencontres et de sens.
Plein de difficultés et d’espoirs.
Plein de problèmes, plein de solutions.

Lentement l’Escargot chemine, expérimente et cherche... il en bave.
Il tente humblement de trouver sa place, d’être utile et de résister.
Comment contribuer au mieux à l'organisation de la vie collective, pendant et après la tempête ? L'Escargot est lent mais sa coquille le protège, il est plutôt bien adapté à l'humidité, sa spirale en étendard, il sait bien que les cycles se répètent et ne se ressemblent pas. Il avance coûte que coûte. Freiné mais aussi propulsé par les intempéries et les difficultés.

Nous en sommes exactement là.

Vivement la suite, avec vous !
Au coude à coude.

 

L’équipe de l'Escargot Migrateur


C'est la rentrée ! - vendredi 20 septembre 2019 - Co-construction

De notre côté, on se régale à imaginer la suite : comment s’engager et construire avec puissance dans cette époque obscure ?!

Nous sommes en pleine construction des formations et des partenariats pour 2020, avec des notes d’Argentine et de théâtre communautaire, des musiques du Chiapas et de l'engagement, des propositions spécifiques pour le milieu de l’urgence humanitaire, des formations avec de nouveaux intervenants...

C’est le moment de nous joindre si vous avez des envies de partenariat pour votre structure ou votre équipe, ou si vous voulez une formation en particulier.
Nous montons les programmes, les résidences de travail, les rencontres, et les plannings.
Yallah !

On vous raconte bientôt tous ces beaux moments à venir.

En attendant, et avant de vous replonger complètement dans le rythme effréné de l'automne, voilà les différentes formations qui sont déjà calées et prêtes à vous accueillir.

À très bientôt, donc.

 

L’équipe de l'Escargot Migrateur

 

 


Nous allons plutôt nous réjouir ! - mercredi 3 juillet 2019 - Pouvoir d'agir | Coopération | Actualités

"Nous n'allons pas jouer l'État disciplinaire contre le marché néolibéral. Ces deux-là on déjà passé un accord."*

Non, nous allons plutôt nous réjouir.
Car nous allons transformer joyeusement ce qui pourrit.
N'y voyez rien de naïf, c’est surtout que nous avons compris que mécaniquement la joie est essentielle à toute mobilisation et métamorphose durable.

Il y a tout de même quelque chose de réjouissant dans cette époque obscure, quelque chose de gourmand à guetter d’où vient la relève, à guetter d’où se construit le renouvellement de la pensée et l’action.
Il y a tant d’intelligence et d’engagement qui affrontent cette médiocrité. Tant de révolutions qui décapitent ces structures de pensée sclérosées.

Il y a de quoi être en colère, mais il y a de quoi s’émerveiller aussi.
Et construire.
Il n’y a de joie collective que dans la construction, la transformation.

Il y a les effondrements qui viennent, mais si nous redoutons cela, nous l’espérons aussi, n’est-ce-pas ? Tout dépend de quel effondrement... Et vous ? Que souhaitez-vous voir s’effondrer ?

 

La question n’est plus de rendre lisible ce qui dysfonctionne, la question est de s’allier autrement.

S’allier autrement dans nos collectifs, dans nos réseaux, nos communautés, mais aussi s’allier autrement avec le vivant, la nature, et les animaux…
"Ils disent crise. Nous disons révolution."*

C’est le temps de changer de paradigme et de renouveler la pensée.
Sortir du patriarcat, sortir de cette individualisme gémissant. Sortir de l’enlisement capitaliste.
Et refaire collectif, refaire commun sur de nouvelles bases.

 

De notre côté, nous cherchons, guettons ces nouvelles bases sur lesquelles construire ensemble.
Nous cherchons les oasis (pour reprendre Egdar Morin). Des oasis qui produisent le changement de paradigme que nous souhaitons.
Alors l’Escargot s’encanaille de nouveaux alliés pour préparer 2020 et vous proposer de se former, de se réjouir aux contacts de savoirs et d’expériences vivifiantes ! De ces oasis !
Avec, par exemple, la venue du théâtre de voisins de Barracas à Buenos Aires en février, exemple vivifiant s’il en est. Nous apprenons à leur côté comment le théâtre et la communauté associés sont une puissance et un socle.
Avec, par exemple, de nouveaux alliés du Chiapas et de Bretagne qui construisent avec nous de nouvelles formations, de nouveaux ateliers, de nouveaux temps de rencontres.
Pour partager ce qui fonctionne, ce qui nous réjouit et transforme nos alliances en actions.
Avec de nouvelles formations comme "Alimentation, solidarité et territoires : agir collectivement pour une transformation sociale et écologique" dont la première sera à Simorre chez les compagnons du Bouche à Oreille, en co-animation avec Pauline Scherer, sociologue en recherche-action sur les questions d'aide alimentaire au Leris.

Il y a de quoi se réjouir et s’engager !

 

... Nous n'allons pas jouer l'État disciplinaire contre le marché néolibéral. Ces deux-là ont déjà passé un accord : dans la nouvelle Europe, le marché est la seule raison gouvernementale, l’État devient un bras punitif dont la seule fonction sera de re-créer la fiction de l’identité nationale par l’effroi sécuritaire. Nous ne voulons nous définir ni comme des travailleurs cognitifs ni comme consommateurs pharmacopornographiques. Nous ne sommes pas Facebook, ni Shell, ni Nestlé, ni Pfizer-Wyeth. Nous ne voulons pas produire français, pas plus que produire européen. Nous ne voulons pas produire. Nous sommes le réseau vivant décentralisé. Nous refusons une citoyenneté définie par notre force de production ou notre force de reproduction. Nous voulons une citoyenneté totale définie par le partage des techniques, des fluides, des semences, de l’eau, des savoirs… Ils disent la nouvelle guerre propre se fera avec des drones. Nous voulons faire l’amour avec les drones. Notre insurrection est la paix, l’affect total. Ils disent crise. Nous disons révolution.

Ce texte et les citations* sont extraites du livre Un appartement sur Uranus de Paul B. Preciado, dont nous vous conseillons la lecture...

 


Récit de voyage : Chiapas, Mexique - vendredi 5 avril 2019 - Action collective | Pouvoir d'agir | Sensible | Voyages

Mexico, février-mars 2019

Chères et chers, Compañeras, Compañeros,

Toujours à la recherche d’aventures collectives et communautaires nourrissantes, inspirantes. Pour nous faire grandir. Pour comprendre, Pour apprendre.

Un voyage au Mexique.

Dix jours à San Cristobal de las Casas,
Chiapas.

Il y a 15 ans, je passais quelques jours au caracol zapatiste d’Oventik à repeindre, avec des copines, une peinture murale d’une femme au foulard de la lutte.
15 ans après, je retrouve ce même caracol, avec la femme d’aujourd’hui que je suis, à prendre la mesure de cette incroyable expérience du mouvement zapatiste.

25 ans que des milliers de membres du peuple du Chiapas luttent pour la reconnaissance des droits des indigènes, la reconnaissance du droit de vivre.
On en a tous entendu parler de près, de loin… mais être tout près, je vous jure, ça donne des frissons, et une niaque... !

 

L’EZLN et ses membres, "les zapatistes", n’ont pas attendu que l’ensemble des habitants d’un territoire veuille s’engager dans une lutte pour l’existence des communautés indigènes.
Ils y sont allés. Ils ont pris les armes au début. Puis ils ont surtout dit : "on a des armes pour ne pas nous en servir".
Ils ont vécu des répressions énormes, des contrôles énormissimes des militaires et des paramilitaires pendant de nombreuses années.
Près de 30000 indigènes ont été déplacés, ne pouvant plus vivre là ou ils vivaient, réprimés par les militaires et la présence du gouvernement pour les empêcher de s’organiser.
Et c’est petit-à-petit depuis une vingtaine d’année, face aux manquements de l’État pour subvenir aux besoins des communautés, que les zapatistes ont décidé de créer un gouvernement autonome.
Depuis 20 ans, ils expérimentent un gouvernement, une gouvernance, organisée avec des principes, des valeurs… des rôles tournants, des tâches à prendre pour la vie de la communauté.
Ils construisent leurs propres écoles, leur propre système de justice. Les non-zapatistes font appel de plus en plus à la justice zapatiste pour régler des conflits, car c’est une justice plus juste et plus reconnue. Ils ont leurs centres de santé, avec des espaces d’apprentissage et de partage des savoir-faire en médecine.
Et puis depuis plusieurs années, ils accueillent, organisent des colloques, des rencontres avec les organisations du monde entier pour parler de résistance, pour se serrer les coudes dans l’entreprise du capitalisme qui écrase à grand ou petit feu les indigènes, les flammes de résistances, les espaces autonomes.

Ce qui est marquant c’est de voir un peuple qui avance avec du sens, une direction, un cap. C’est simple et complexe.
Mais si on ne lutte pas, on meurt. C’est simple.
La lutte ici est l’essence même de la vie.

 

Ce qui est marquant, c’est la recherche continue de place pour les femmes, d’égalité, de réflexion sur le féminisme dans le mouvement.
Pour se recharger, je vous joins une traduction d’un texte écrit par les femmes zapatistes, fin janvier, aux femmes du monde entier… texte en espagnol : sur Enlace Zapatista et sa traduction en français sur Mediapart.

Ce qui est marquant aussi, c’est l’humilité. L’humilité des personnes qui disent qu’ils n’ont rien à nous apprendre. Et de ce que nous observons, nous apprenons beaucoup. Et pour commencer l’humilité.
Mais l’humilité ce n’est pas être soumis, c’est s’affirmer sans penser qu’on a la vérité, sans volonté de convaincre, juste proposer. Sans imposer.

Nos postures occidentales ont de la graine à prendre.

Mexique.

Ici la force et l’ébullition du monde.
Ce monde entre le Nord et le Sud, un témoignage vivant de l’exploitation des pays du Nord sur les pays du Sud, de l’exploitation des riches sur les pauvres. À l’intérieur même de son pays. Et puis aussi et surtout par nos frères et sœurs européennes et états-uniennes, qui viennent piller encore tout ce qu’ils peuvent.
Pour quoi faire ? Pour s’enrichir ? Pour accumuler, pour spéculer, pour écraser… pour tuer… consciemment ou inconsciemment. En ayant les œillères bien fermées, c’est cela qu’il se passe.
Chaque jour, ici au Mexique, des disparu-es, des personnes disparues toujours et tout le temps. C’est à dire torturées, enfermées et tuées. Sous quel prétexte ? Être un enfant qui marche dans la rue, être indien, être femme, être activiste, être en vélo, être là.
Juste là.

Le narcotrafic et les systèmes mafieux ne fonctionnement que par les alliances des trafiquants, des hommes politiques, du monde des entreprises et de la finance.
C’est une coopération bien puissante qui rend la vie des mexicains bien terrorisante. Peut-être bien plus qu’en Argentine, les disparitions de personnes sont monnaies courantes.
Dans les carrières à Oaxaca, les syndicalistes qui luttent pour les conditions de travail se font exterminer en douce. Et on n’en parle pas.

 

Nous sommes là juste là. Et cette violence-là nous choque et nous traverse.
Quand allons-nous arrêter ces colonisations des plus riches sur les plus pauvres sous prétexte de "coopération, de développement, de transformation"… ?
Quand allons nous arrêter ce massacre à grande échelle qui a lieu partout ici, ailleurs, chez nous, chez eux ?

 

 

Les compagnons zapatistes vont avoir besoin de gros soutien en ces années à venir, de la part de la communauté internationale : ils ont annoncé au 1er janvier que le grand projet du nouveau président mexicain de gauche Lopez Obrador, qui s’appelle "le train Maya", ne passerait pas et sous aucune condition sur les territoires zapatistes.
Ce projet touristique pour européens et états-uniens, va détruire la biodiversité, la jungle, les forêts, les communautés, et installer un tourisme de luxe dans le territoire du Chiapas.
Les zapatistes disent non. Et ils ont bien raison.
Des espagnols commencent déjà à acheter des terres à bas prix pour construire des hôtels de luxe...
Les mexicains, qui ont soutenu fort les zapatistes depuis longtemps, sont aujourd’hui pour beaucoup en adoration du nouveau président "de gauche" mais bien libéral et capitaliste, et le soutien aux zapatistes sera sûrement moins évident...
Alors soutenons, soyons à l’écoute de l’actualité du Chiapas et de ses luttes, les compagnons vont en avoir besoin !

 

Plein de questions en sortant de ces rencontres.

Faut-il prendre les armes « pour ne pas nous en servir » ?
Comment se fait-il qu’on ne regarde que la violence des opprimés, et jamais celle des États, des institutions, de l’ordre établi qui ronge des humains, des communautés dans leurs corps, dans leurs terres, dans leurs vies ?

Le lien avec le mouvement des gilets jaunes est flagrant.
Comment nous laissons-nous embarquer par les médias qui ne mettent en avant que la violence des manifestants, et jamais celle, bien plus forte, bien plus insidieuse de l’État, de la police, des puissants, des riches, des nantis, de ceux qui profitent d’un système capitaliste pour placer, engranger, spéculer, délocaliser, affamer ?

Comment des expériences comme celles-là peuvent se construire à d’autres échelles ailleurs, autrement ? Faut-il que l’ensemble d’une population d’un territoire soit d’accord et plein d’entrain pour s’engager, ou commençons-nous à petite échelle, en petits groupes ouverts ?

Quand on dézooome ici, qu’on regarde le fonctionnement du Mexique dans son ensemble, on se dit que le mouvement zapatiste est une vraie belle lueur pérenne dans une société bouffée par la corruption, le narcotrafic, la peur au coin de la rue.

Le voyage permet de comprendre des explications qui viennent d’ailleurs, des problèmes et des pistes de solutions qui nourrissent nos luttes au quotidien. Parce qu’ici comme à plein de petits endroits du monde, surgit, se meut et se démène une force collective hallucinante.
Le mouvement zapatiste qui cherche, qui construit, qui invente… ouah… nous donne de l’air !

Ces voyages nous nourrissent, et nourrissent nos interventions, nos actions, nos formations. Ils nous aident fort à prendre du recul, à regarder de côté, depuis les lunettes d’un autre continent, ils nous aident à écrire, à penser, à proposer.
 

Cette année, nous entrons plus que jamais dans un contexte de réforme de la formation bien chamboulant, pour les personnes salariées, les employeurs, les demandeurs d’emplois, les organismes de formation, les secteurs d’activités. Bref, pour nous tous et toutes.
N’hésitez pas à nous contacter pour comprendre, vous informer, on est au plus près des évolutions, des nouveaux décrets d’application, de comment ça va fonctionner, alors si vous voulez des informations n’hésitez pas.

Et puis il y en a des financements… même s’ils sont parfois bien cachés ces derniers temps pour certain.e.s d’entre nous ! Mais il y en a !

 

Ce qui nous porte beaucoup en ce moment, c’est d’accompagner des territoires, des villages, des secteurs sur un temps long, mettre en place et installer des cultures de coopération, plus pertinentes, plus fortes, plus puissantes, pour répondre pleinement aux enjeux et aux besoins des territoires concernés.
À Groix avec les Semeurs de Santé, on se régale ; à Simorre avec le café le Bouche à Oreille qui passe en SCIC (130 sociétaires dans ce village de 1000 habitants), et l’émulation du village, aussi c’est passionnant !
Alors notre programme de formation de cette année est moins fourni que les deux dernières années... et aussi parce que Lucile part en congé maternité !! Youhou !

Et puis il est grand temps pour nous d’envisager une paire de mois plus en douceur pour ré-imaginer un modèle de fonctionnement adapté à nos désirs, en diversifiant nos actions et nos activités, pour continuer à vos côtés, à construire une société plus juste.

 

N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez accueillir une formation sur votre territoire, dans votre lieu, structure, cantons, pays, et on prend le temps ensemble d’imaginer l’histoire.

 

Au plaisir de vous lire,

L’équipe de l’Escargot Migrateur

 

☛ Pour découvrir, comprendre, s’informer sur l’histoire du mouvement zapatiste, lire sans plus attendre les ouvrages de Jérôme Baschet.
☛ Pour s’informer régulièrement, la Voie du jaguar, Enlace zapatista...
☛ Pour soutenir, on peut acheter du café zapatiste vendu hors circuits classique, (dans chaque région, il y a des antennes relais).


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