L'Escargot Migrateur

L'Escargot Migrateur anime des formations, et accompagne des structures de la société civile.

Nous construisons, nous pensons, nous inventons, nous combattons pour un monde plus juste. Nous rayonnons sur toute la France et agissons aussi régulièrement à l'étranger. Mais là où on intervient le plus souvent, c'est en Bretagne, en Normandie, en Auvergne et en Rhône-Alpes.


Actualités

Récit de voyage : Chiapas, Mexique - vendredi 5 avril 2019 - Action collective | Pouvoir d'agir | Sensible | Voyages

Mexico, février-mars 2019

Chères et chers, Compañeras, Compañeros,

Toujours à la recherche d’aventures collectives et communautaires nourrissantes, inspirantes. Pour nous faire grandir. Pour comprendre, Pour apprendre.

Un voyage au Mexique.

Dix jours à San Cristobal de las Casas,
Chiapas.

Il y a 15 ans, je passais quelques jours au caracol zapatiste d’Oventik à repeindre, avec des copines, une peinture murale d’une femme au foulard de la lutte.
15 ans après, je retrouve ce même caracol, avec la femme d’aujourd’hui que je suis, à prendre la mesure de cette incroyable expérience du mouvement zapatiste.

25 ans que des milliers de membres du peuple du Chiapas luttent pour la reconnaissance des droits des indigènes, la reconnaissance du droit de vivre.
On en a tous entendu parler de près, de loin… mais être tout près, je vous jure, ça donne des frissons, et une niaque... !

 

L’EZLN et ses membres, "les zapatistes", n’ont pas attendu que l’ensemble des habitants d’un territoire veuille s’engager dans une lutte pour l’existence des communautés indigènes.
Ils y sont allés. Ils ont pris les armes au début. Puis ils ont surtout dit : "on a des armes pour ne pas nous en servir".
Ils ont vécu des répressions énormes, des contrôles énormissimes des militaires et des paramilitaires pendant de nombreuses années.
Près de 30000 indigènes ont été déplacés, ne pouvant plus vivre là ou ils vivaient, réprimés par les militaires et la présence du gouvernement pour les empêcher de s’organiser.
Et c’est petit-à-petit depuis une vingtaine d’année, face aux manquements de l’État pour subvenir aux besoins des communautés, que les zapatistes ont décidé de créer un gouvernement autonome.
Depuis 20 ans, ils expérimentent un gouvernement, une gouvernance, organisée avec des principes, des valeurs… des rôles tournants, des tâches à prendre pour la vie de la communauté.
Ils construisent leurs propres écoles, leur propre système de justice. Les non-zapatistes font appel de plus en plus à la justice zapatiste pour régler des conflits, car c’est une justice plus juste et plus reconnue. Ils ont leurs centres de santé, avec des espaces d’apprentissage et de partage des savoir-faire en médecine.
Et puis depuis plusieurs années, ils accueillent, organisent des colloques, des rencontres avec les organisations du monde entier pour parler de résistance, pour se serrer les coudes dans l’entreprise du capitalisme qui écrase à grand ou petit feu les indigènes, les flammes de résistances, les espaces autonomes.

Ce qui est marquant c’est de voir un peuple qui avance avec du sens, une direction, un cap. C’est simple et complexe.
Mais si on ne lutte pas, on meurt. C’est simple.
La lutte ici est l’essence même de la vie.

 

Ce qui est marquant, c’est la recherche continue de place pour les femmes, d’égalité, de réflexion sur le féminisme dans le mouvement.
Pour se recharger, je vous joins une traduction d’un texte écrit par les femmes zapatistes, fin janvier, aux femmes du monde entier… texte en espagnol : sur Enlace Zapatista et sa traduction en français sur Mediapart.

Ce qui est marquant aussi, c’est l’humilité. L’humilité des personnes qui disent qu’ils n’ont rien à nous apprendre. Et de ce que nous observons, nous apprenons beaucoup. Et pour commencer l’humilité.
Mais l’humilité ce n’est pas être soumis, c’est s’affirmer sans penser qu’on a la vérité, sans volonté de convaincre, juste proposer. Sans imposer.

Nos postures occidentales ont de la graine à prendre.

Mexique.

Ici la force et l’ébullition du monde.
Ce monde entre le Nord et le Sud, un témoignage vivant de l’exploitation des pays du Nord sur les pays du Sud, de l’exploitation des riches sur les pauvres. À l’intérieur même de son pays. Et puis aussi et surtout par nos frères et sœurs européennes et états-uniennes, qui viennent piller encore tout ce qu’ils peuvent.
Pour quoi faire ? Pour s’enrichir ? Pour accumuler, pour spéculer, pour écraser… pour tuer… consciemment ou inconsciemment. En ayant les œillères bien fermées, c’est cela qu’il se passe.
Chaque jour, ici au Mexique, des disparu-es, des personnes disparues toujours et tout le temps. C’est à dire torturées, enfermées et tuées. Sous quel prétexte ? Être un enfant qui marche dans la rue, être indien, être femme, être activiste, être en vélo, être là.
Juste là.

Le narcotrafic et les systèmes mafieux ne fonctionnement que par les alliances des trafiquants, des hommes politiques, du monde des entreprises et de la finance.
C’est une coopération bien puissante qui rend la vie des mexicains bien terrorisante. Peut-être bien plus qu’en Argentine, les disparitions de personnes sont monnaies courantes.
Dans les carrières à Oaxaca, les syndicalistes qui luttent pour les conditions de travail se font exterminer en douce. Et on n’en parle pas.

 

Nous sommes là juste là. Et cette violence-là nous choque et nous traverse.
Quand allons-nous arrêter ces colonisations des plus riches sur les plus pauvres sous prétexte de "coopération, de développement, de transformation"… ?
Quand allons nous arrêter ce massacre à grande échelle qui a lieu partout ici, ailleurs, chez nous, chez eux ?

 

 

Les compagnons zapatistes vont avoir besoin de gros soutien en ces années à venir, de la part de la communauté internationale : ils ont annoncé au 1er janvier que le grand projet du nouveau président mexicain de gauche Lopez Obrador, qui s’appelle "le train Maya", ne passerait pas et sous aucune condition sur les territoires zapatistes.
Ce projet touristique pour européens et états-uniens, va détruire la biodiversité, la jungle, les forêts, les communautés, et installer un tourisme de luxe dans le territoire du Chiapas.
Les zapatistes disent non. Et ils ont bien raison.
Des espagnols commencent déjà à acheter des terres à bas prix pour construire des hôtels de luxe...
Les mexicains, qui ont soutenu fort les zapatistes depuis longtemps, sont aujourd’hui pour beaucoup en adoration du nouveau président "de gauche" mais bien libéral et capitaliste, et le soutien aux zapatistes sera sûrement moins évident...
Alors soutenons, soyons à l’écoute de l’actualité du Chiapas et de ses luttes, les compagnons vont en avoir besoin !

 

Plein de questions en sortant de ces rencontres.

Faut-il prendre les armes « pour ne pas nous en servir » ?
Comment se fait-il qu’on ne regarde que la violence des opprimés, et jamais celle des États, des institutions, de l’ordre établi qui ronge des humains, des communautés dans leurs corps, dans leurs terres, dans leurs vies ?

Le lien avec le mouvement des gilets jaunes est flagrant.
Comment nous laissons-nous embarquer par les médias qui ne mettent en avant que la violence des manifestants, et jamais celle, bien plus forte, bien plus insidieuse de l’État, de la police, des puissants, des riches, des nantis, de ceux qui profitent d’un système capitaliste pour placer, engranger, spéculer, délocaliser, affamer ?

Comment des expériences comme celles-là peuvent se construire à d’autres échelles ailleurs, autrement ? Faut-il que l’ensemble d’une population d’un territoire soit d’accord et plein d’entrain pour s’engager, ou commençons-nous à petite échelle, en petits groupes ouverts ?

Quand on dézooome ici, qu’on regarde le fonctionnement du Mexique dans son ensemble, on se dit que le mouvement zapatiste est une vraie belle lueur pérenne dans une société bouffée par la corruption, le narcotrafic, la peur au coin de la rue.

Le voyage permet de comprendre des explications qui viennent d’ailleurs, des problèmes et des pistes de solutions qui nourrissent nos luttes au quotidien. Parce qu’ici comme à plein de petits endroits du monde, surgit, se meut et se démène une force collective hallucinante.
Le mouvement zapatiste qui cherche, qui construit, qui invente… ouah… nous donne de l’air !

Ces voyages nous nourrissent, et nourrissent nos interventions, nos actions, nos formations. Ils nous aident fort à prendre du recul, à regarder de côté, depuis les lunettes d’un autre continent, ils nous aident à écrire, à penser, à proposer.
 

Cette année, nous entrons plus que jamais dans un contexte de réforme de la formation bien chamboulant, pour les personnes salariées, les employeurs, les demandeurs d’emplois, les organismes de formation, les secteurs d’activités. Bref, pour nous tous et toutes.
N’hésitez pas à nous contacter pour comprendre, vous informer, on est au plus près des évolutions, des nouveaux décrets d’application, de comment ça va fonctionner, alors si vous voulez des informations n’hésitez pas.

Et puis il y en a des financements… même s’ils sont parfois bien cachés ces derniers temps pour certain.e.s d’entre nous ! Mais il y en a !

 

Ce qui nous porte beaucoup en ce moment, c’est d’accompagner des territoires, des villages, des secteurs sur un temps long, mettre en place et installer des cultures de coopération, plus pertinentes, plus fortes, plus puissantes, pour répondre pleinement aux enjeux et aux besoins des territoires concernés.
À Groix avec les Semeurs de Santé, on se régale ; à Simorre avec le café le Bouche à Oreille qui passe en SCIC (130 sociétaires dans ce village de 1000 habitants), et l’émulation du village, aussi c’est passionnant !
Alors notre programme de formation de cette année est moins fourni que les deux dernières années... et aussi parce que Lucile part en congé maternité !! Youhou !

Et puis il est grand temps pour nous d’envisager une paire de mois plus en douceur pour ré-imaginer un modèle de fonctionnement adapté à nos désirs, en diversifiant nos actions et nos activités, pour continuer à vos côtés, à construire une société plus juste.

 

N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez accueillir une formation sur votre territoire, dans votre lieu, structure, cantons, pays, et on prend le temps ensemble d’imaginer l’histoire.

 

Au plaisir de vous lire,

L’équipe de l’Escargot Migrateur

 

☛ Pour découvrir, comprendre, s’informer sur l’histoire du mouvement zapatiste, lire sans plus attendre les ouvrages de Jérôme Baschet.
☛ Pour s’informer régulièrement, la Voie du jaguar, Enlace zapatista...
☛ Pour soutenir, on peut acheter du café zapatiste vendu hors circuits classique, (dans chaque région, il y a des antennes relais).


Enlisés dans l’obscurité, rallumons les soleils ! - mercredi 13 février 2019 - Actualités

Une grande partie de l’opinion publique souhaite plus de justice sociale.
À titre d’exemple, ce matin, 64 % des français soutient le mouvement des gilets jaunes (selon un sondage YouGov réalisé pour le Huffington Post et CNews avant l’acte XIII).
Mais pour autant, agir, peser vraiment reste compliqué pour chacun et chacune d’entre nous pour de nombreuses raisons.
Passer de l’opinion favorable, du désir d’agir à l’action concrète semble quasiment impossible.

C’est sans compter sur le courage de faire mieux ce que l’on fait déjà !

Le courage, c’est d’être tout ensemble et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe.
Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.
Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés.
Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.
Le courage c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.
Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

Jean Jaurès

 

Alors exhortons-nous ! Encourageons-nous !
Nous étions indignés, agissons avec force !
Rallumons les soleils !

Approfondissons notre acuité dans nos métiers, concentrons-nous pour que nos équipes, nos actions, nos visions, soient plus puissantes.
Épurons nos actions et pensées des commandes autocentrées et autoritaires de ces systèmes qui ne veulent plus coopérer, mais qui nous utilisent  pour contraindre, enlever et disperser.
Partageons nos savoirs, agissons en solidarité les uns avec les autres, les structures entre elles, au-delà de nos modèles, de nos différences, de nos appartenances et de nos plans comptables !

Soyons généreux et généreuses avec nos idéaux et nos concitoyens, soyons pragmatiques et efficaces avec nos terrains d’action.

 

L’Escargot Migrateur continuera résolument à partager son enthousiasme et son expérience dans l’action coopérative, l’accompagnement des groupes et collectifs, les aventures de transformation sociale. Nous sommes convaincu-es que ces savoirs et ces pratiques sont des leviers d’une grande efficience.

 

Margaret Mead disait :

‎Ne doutez jamais qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puisse changer le monde. C'est même de cette façon que cela s'est toujours produit.

Elle rajouterait peut-être, dans cette époque obscure, que cela fonctionne si la détermination et l’engagement sont le moteur de l’action.

 

Alors soyons ensemble cette détermination et cet engagement pour plus de justice et d’humanité et agissons ensemble, au coude à coude !


Il neige. Il pleut. Il commence à faire froid. Et pourtant. - mardi 4 décembre 2018 - Education populaire | Action collective | Actualités

Il neige. Il pleut. Il commence à faire froid.
Et pourtant.

À Marseille, à Bure, sur les ronds points, à Briançon et ailleurs encore, sur les périphériques, dans les allées, les contres-allées, ils sont nombreux, elles sont nombreuses, nous sommes nombreux, à crier une rage qui ne sait plus comment sortir.

Une rage, un élan de vie, de survie, pour comprendre, chercher, dénoncer.

Chacun-e ses explications, sa vision du problème, des problèmes, sa réalité, son réel, son quotidien.
Chacun-e ses solutions, ses pistes d’actions concrètes, son élan de survie.

Que l’on regarde du point de vue d’ici ou de là, les inégalités sont criantes et grandissantes, les injustices sont bien réelles, les classes sociales existent plus que jamais. Les vécus et les trajectoires peuvent être violents.

À force d'opposer les priorités, on se divise.
À regarder le monde depuis sa lunette, on en oublie les autres.
À simplifier le réel, on perd la complexité.
À complexifier le réel, on s’y perd.

 

Pour les autorités, un bon militant n’est plus un militant mort. On ne lui tire plus dessus comme il y a 60 ans en manifestation. Un bon militant est un militant dépressif et impuissant. Simple spectateur du désastre où il faudrait se cantonner à l’indignation. Écrire des communiqués, twitter dans le vide infini d’internet, rester derrière son écran. Sans prise sur le réel. Cumuler les « like », les « grrr », les « wouah » et tous ces émoticônes sponsorisées par Facebook qui ne pourront jamais figurer l’ampleur de notre rage, la densité de nos rêves.

Sous couvert de pacification, nous avons perdu toute puissance. Saisis par une camisole moderne, qui ne cesse de nous enserrer.

extrait d'un article de Gaspar d’Allens dans Reporterre

 

Quand on ne sait plus en quoi croire, il y a toujours ce qui nous rassure et nous fait agir.

Le travail communautaire, par exemple.
Il peut se faire partout.
Autour des questions de santé.
Autour d’une compagnie de théâtre.
Autour d’une autonomie d’organisation.
Autour, et avec les voisins, les voisines d'ici et d'ailleurs.

 

L’année prochaine, nous entamons et accompagnons des expériences de santé communautaire dans le Morbihan.
L’année prochaine, nous irons comprendre le fonctionnement zapatiste et les peuples du Chiapas en lutte.
L’année prochaine, nous irons glaner et partager des savoirs-faire avec les expériences de théâtre communautaire de Buenos Aires en Argentine, au Circuito Barracas.
L'année prochaine, nous irons mélanger nos regards aux réalités argentines, aux miroirs qu'elles nous tendent, aux échos qu'elles produisent.

 

L'année prochaine, ça va devenir de plus en plus difficile pour des petits organismes de formation comme nous, de continuer dans le cadre des fonds de la formation professionnelle.
La réforme de la formation continue de battre son plein. Nous sommes en plein cœur, les décrets sont sortis.

C’est un chamboulement de taille pour ce droit des travailleurs, une usine à gaz administrative et de démarche qualité qui se met en place.
Ça va rendre compliqué ce qu’on entreprend, nous à l’Escargot et tous les copains. Ça nous oblige à inventer autrement.

On lâche rien, on essaye de comprendre, d’envisager, on se serre les coudes, on identifie, on planifie, on fait des plans A, des plans B, des plans C...

On vous invite encore l’année prochaine, celle qui vient, 2019, à vous inscrire sur les formations que l’on propose.
Pour vous faire financer, il va falloir le faire au plus vite : dès maintenant, en novembre et décembre 2018, pour l’ensemble de l’année 2019 ! Après, on n'est plus sûr-es de rien...

Alors, si vous hésitez à vous inscrire, n’hésitez plus !
C’est tout de suite ou maintenant !

 

On vous embrasse, prêts et prêtes à inventer la suite.

 

L’équipe de l’Escargot Migrateur

 

PS : on se permet un Post scriptum idées, puisque Noël approche...
- pour offrir des beaux films : Les Mutins de Pangée,
- pour offrir des beaux livres : la librairie militante Quilombo (à Paris et par internet),
- et aussi et surtout les toutes nouvelles sorties de la tanière d’édition Réveiller les loups, entre autres, le Manuel de Socianalyse tout frais tout neuf,
- ou encore des bons chocolats personnalisés, avec des citations sympas ou vos images et logos pour Noël chez les Chocolatiers d'Art.

 

Pochoir tagué dans la rue : un escargot point levé !


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