L'Escargot Migrateur

L'Escargot Migrateur anime des formations, et accompagne des structures de la société civile.

Nous construisons, nous pensons, nous inventons, nous combattons pour un monde plus juste. Nous rayonnons sur toute la France et agissons aussi régulièrement à l'étranger. Mais là où on intervient le plus souvent, c'est en Bretagne, en Normandie, en Auvergne et en Rhône-Alpes.


Actualités

Il neige. Il pleut. Il commence à faire froid. Et pourtant. - mardi 4 décembre 2018 - Education populaire | Action collective | Actualités

Il neige. Il pleut. Il commence à faire froid.
Et pourtant.

À Marseille, à Bure, sur les ronds points, à Briançon et ailleurs encore, sur les périphériques, dans les allées, les contres-allées, ils sont nombreux, elles sont nombreuses, nous sommes nombreux, à crier une rage qui ne sait plus comment sortir.

Une rage, un élan de vie, de survie, pour comprendre, chercher, dénoncer.

Chacun-e ses explications, sa vision du problème, des problèmes, sa réalité, son réel, son quotidien.
Chacun-e ses solutions, ses pistes d’actions concrètes, son élan de survie.

Que l’on regarde du point de vue d’ici ou de là, les inégalités sont criantes et grandissantes, les injustices sont bien réelles, les classes sociales existent plus que jamais. Les vécus et les trajectoires peuvent être violents.

À force d'opposer les priorités, on se divise.
À regarder le monde depuis sa lunette, on en oublie les autres.
À simplifier le réel, on perd la complexité.
À complexifier le réel, on s’y perd.

 

Pour les autorités, un bon militant n’est plus un militant mort. On ne lui tire plus dessus comme il y a 60 ans en manifestation. Un bon militant est un militant dépressif et impuissant. Simple spectateur du désastre où il faudrait se cantonner à l’indignation. Écrire des communiqués, twitter dans le vide infini d’internet, rester derrière son écran. Sans prise sur le réel. Cumuler les « like », les « grrr », les « wouah » et tous ces émoticônes sponsorisées par Facebook qui ne pourront jamais figurer l’ampleur de notre rage, la densité de nos rêves.

Sous couvert de pacification, nous avons perdu toute puissance. Saisis par une camisole moderne, qui ne cesse de nous enserrer.

extrait d'un article de Gaspar d’Allens dans Reporterre

 

Quand on ne sait plus en quoi croire, il y a toujours ce qui nous rassure et nous fait agir.

Le travail communautaire, par exemple.
Il peut se faire partout.
Autour des questions de santé.
Autour d’une compagnie de théâtre.
Autour d’une autonomie d’organisation.
Autour, et avec les voisins, les voisines d'ici et d'ailleurs.

 

L’année prochaine, nous entamons et accompagnons des expériences de santé communautaire dans le Morbihan.
L’année prochaine, nous irons comprendre le fonctionnement zapatiste et les peuples du Chiapas en lutte.
L’année prochaine, nous irons glaner et partager des savoirs-faire avec les expériences de théâtre communautaire de Buenos Aires en Argentine, au Circuito Barracas.
L'année prochaine, nous irons mélanger nos regards aux réalités argentines, aux miroirs qu'elles nous tendent, aux échos qu'elles produisent.

 

L'année prochaine, ça va devenir de plus en plus difficile pour des petits organismes de formation comme nous, de continuer dans le cadre des fonds de la formation professionnelle.
La réforme de la formation continue de battre son plein. Nous sommes en plein cœur, les décrets sont sortis.

C’est un chamboulement de taille pour ce droit des travailleurs, une usine à gaz administrative et de démarche qualité qui se met en place.
Ça va rendre compliqué ce qu’on entreprend, nous à l’Escargot et tous les copains. Ça nous oblige à inventer autrement.

On lâche rien, on essaye de comprendre, d’envisager, on se serre les coudes, on identifie, on planifie, on fait des plans A, des plans B, des plans C...

On vous invite encore l’année prochaine, celle qui vient, 2019, à vous inscrire sur les formations que l’on propose.
Pour vous faire financer, il va falloir le faire au plus vite : dès maintenant, en novembre et décembre 2018, pour l’ensemble de l’année 2019 ! Après, on n'est plus sûr-es de rien...

Alors, si vous hésitez à vous inscrire, n’hésitez plus !
C’est tout de suite ou maintenant !

 

On vous embrasse, prêts et prêtes à inventer la suite.

 

L’équipe de l’Escargot Migrateur

 

PS : on se permet un Post scriptum idées, puisque Noël approche...
- pour offrir des beaux films : Les Mutins de Pangée,
- pour offrir des beaux livres : la librairie militante Quilombo (à Paris et par internet),
- et aussi et surtout les toutes nouvelles sorties de la tanière d’édition Réveiller les loups, entre autres, le Manuel de Socianalyse tout frais tout neuf,
- ou encore des bons chocolats personnalisés, avec des citations sympas ou vos images et logos pour Noël chez les Chocolatiers d'Art.

 

Pochoir tagué dans la rue : un escargot point levé !


Ça y est, c'est la rentrée. - mardi 9 octobre 2018 - Création collective | Pouvoir d'agir | Sensible | Actualités

Aujourd’hui Grenoble, demain Saint-Brieuc, après demain la Normandie.
Aujourd’hui la libération de Sala Hamouri !
Aujourd’hui grève générale en Argentine.
Aujourd’hui on avance.

Le modèle économique de la formation professionnelle qui s'écroule demain ? Le notre avec ?
Aujourd’hui l’été indien, demain l’effondrement climatique ?

 

Comment naviguer dans ce présent ?
Comment savoir où se tenir, comment agir ?
Et où pesons-nous vraiment ?

 

Nous tenons par l’essentiel : faire du pain, faire un atelier, animer une formation...
Être concentré sur l’instant, sereinement. Être toute à son action.

Vivre avec l’incertitude,
Relier demain et aujourd’hui.

 

Penser les lignes de forces et les bouger. Être stratégique.
Se méfier de ce qu’on pense,
se méfier de ses propres cadres mentaux.
Camper des positions, les lâcher, avancer et tout remettre en question,
mais tenir par l’essentiel : faire du pain, animer une formation, marcher sur la plage...

Dépasser ce présent technologique, reprendre le souffle du monde, se sentir dépassé, retourner dans la bataille, balayer ses certitudes.
Agir sur le présent, construire un devenir.
Ne pas croire en l’espoir, ne rien entendre des sirènes de la résignation, tenir fermement ses doutes, construire demain.

 

Vivre aujourd’hui et construire demain.
Ensemble, au coude à coude.

 

L’espoir, au contraire de ce qu’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner.
A. Camus

Tatiana sur son fil © Tanguy Hoanen


Bientôt l'été... - mardi 5 juin 2018 - Action collective | Pouvoir d'agir

Il y a deux histoires de grenouilles...

Dans l’une, la grenouille meurt car elle est plongée dans l’eau froide, elle ne voit pas le coup venir, l’eau chauffe jusqu’à l'ébouillanter...
Dans l’autre, elle est dans un pot de lait et malgré ses efforts, elle n’arrive pas à se sortir du pot… mais elle continue de nager, et sans qu’elle ait pu l’anticiper, le lait baratte, se transforme en beurre, durcit et elle réussi à sortir vivante.

Apprendre à nager, avec persévérance dans l’incertitude, et ne pas se réjouir trop vite quand l’eau se réchauffe, ne pas s’effrayer quand elle durcit...
Tenir bon, coûte que coûte, ou au contraire  réagir avec puissance avant la catastrophe...
Ou les deux à la fois...

Moi je me demande toujours qu’est-ce que cette grenouille a bien pu faire pour se retrouver toute seule dans la gamelle… 
L’individualisme aurait-il gagné le cerveau des grenouilles : personne pour tendre l’échelle ?!

Les grenouilles sont sans doute plus heureuses en famille, en bande, en groupe ou en tribu… 

 

Tout ça pour vous dire qu’on vous espère un été plein de rencontres, de découvertes, pour vous regonfler à bloc !

De notre côté, un bel été en perspective avec des vacances, mais aussi une rencontre de Compagnonnage, et un laboratoire de transformation sociale…
La classe !

 

On vous retrouve sur les routes, dans les troquets, sur les cols, les plages, et dans les bistrots de village...
Rendez-vous à la rentrée, dans les starting-blocks, au coude à coude !

La casserole et le pot de lait n’auront qu’à bien se tenir !  

 

PS : Nous sommes en train de programmer l’année 2019, ça se remplie vite et bien.
Si vous voulez monter une action, une formation avec nous, chez vous, c’est le bon moment pour nous en parler !

 

© Lucce*


Fin février. "Nous rentrons d'Argentine." - mercredi 21 mars 2018 - Rapport au travail | Art et politique | Education populaire | Action collective | Pouvoir d'agir | Sensible

Nous rentrons d’Argentine.

Nous rentrons chargé.e.s.
Chargé.e.s, nourri.e.s, ému.e.s par toutes ces rencontres, tous ces humains qui construisent, qui inventent, qui cherchent.

Nous rentrons plus féministes que jamais.
Toutes ces femmes et ces hommes qui luttent de plein de manières différentes contre le patriarcat sous toutes ses formes. Dans un mouvement féministe, antipatriarcal, multiple et dynamique. Partout. Avec nécessité.
C’est très beau à observer.

Nous rentrons encore plus persuadé.e.s d’une nécessité de mettre au cœur de l’éducation populaire la question de l’environnement, de la nature, des terres, de l’écologie.
L’écocide de Monsento (jugé au Tribunal de la Haye en avril 2017) est bien présent en Argentine : 75 % des terres sont aujourd’hui des OGM, avec des tonnes de glyphosates déversées sur ces terres.
De riches entrepreneurs européens achètent des montagnes, des lacs pour créer des stations héli-ski, et des paradis « fiscaux ».
Les communautés Mapuches au front de la lutte pour la préservation des territoires de leur richesse.

Nous rentrons touché.e.s par la question de la lutte Mapuche.
Intrigué.e.s et alerté.e.s par la non-prise en compte par l’ensemble d’un pays, d’un peuple qui lutte au front pour la sauvegarde de pensées, fonctionnements, points de vue capitaux et très inspirants.
Nous rentrons traversé.e.s par la question des peuples.
Comment l’éducation populaire politique française embrasse-t-elle cette question ?

Nous rentrons passionné.e.s par l’histoire de l’éducation populaire d’ici, qui vient plutôt de la campagne, des communautés de paysans, contrairement à celle dont on se sent, nous, héritiers en France : la culture ouvrière.
L’éducation populaire est ici dans ses racines paysannes et rurales.

Nous rentrons ému.e.s de sentir une destinée collective, à la rencontre de personnes qui ont travaillé avec Boal, Freire, qui inventent une éducation populaire à l’échelle latino-américaine.
En Argentine, on met beaucoup d’énergie à raconter les racines, à chercher les racines qui font le collectif d’hier et d’aujourd’hui.
Ça donne une sacrée force de se sentir de ces racines-là.

Nous avons retrouvé des ami.e.s et des associations très affecté.e.s et boulversé.e.s par le contexte politique et économique que vit l’Argentine depuis le président Macri, et tant d’années de capitalisme sous toutes ces formes.

L’espoir « d’on ne sait quoi » qui traversait l’Argentine il y a une dizaine d’année s’est évanoui.
Nous rentrons pourtant très reconnaissant de toute cette énergie partagée par les Argentin.e.s pour continuer à militer sous toutes ses formes, à inventer, à créer.

Nous rentrons témoins de l’incroyable galère dans laquelle la France va se retrouver (et est déjà) à avoir professionnalisé le métier de « militant social », de « militant associatif », « d’artiste »...
À avoir professionnalisé, carriérisé, rendu dépendants de l’État, de subventions, ces pans entiers de liens, de ressources et de solidarités essentielles à un peuple.
Quand l’argent disparaît, nous arrêtons ces fonctions. Nous ne ferrons plus la même chose sans être payé.
C’est grave. Et on ne l’a pas vu venir. C’est quand même tout simple. Mais là, on prend une grosse baffe.

 

Nous rentrons avec l’envie d’inventer des formes pour continuer à former, à transmettre, à agir, à chercher, avec des parties qu’on préservera toujours de la dépendance des financements, qui nous enchaînent et détruisent des dynamiques et des mouvements militants nécessaires.

Nous rentrons ému.e.s, nourri.e.s et chargé.e.s.
Et accompagné.e.s : Juan Ma, Elena, Rodrigo, Brian, et peut-être Chuca vont nous rendre visite.
Alors on espère que vous aurez le plaisir de les croiser.

 

No pasaran


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