L'Escargot Migrateur

L’Escargot Migrateur est une association d’Education Populaire qui propose des formations et accompagne les groupes sur leurs histoires de coopération.

Nous construisons, nous pensons, nous combattons, nous inventons pour lutter contre les dominations, créer des espaces d'analyses collectives, renforcer nos capacités à agir et transformer nos pratiques.

Nous nous adressons aussi bien à des équipes, des collectifs, des services, des villages, des entreprises, qu’à toute personne, salariée, bénévole ou sans activité, intéressée et curieuse de se questionner et de se mettre en mouvement.

L’escargot migrateur, c’est aussi un espace de recherche-action collective :

- une recherche sur les rituels et les cérémonies pour réinvestir la dimension humaine et politique de ces moments. 
- un travail au long cours avec des collectifs argentins, notamment les dynamiques de théâtre communautaire.

 


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Actualités

A la découverte du travail communautaire !

samedi 12 novembre 2022
Politique culturelle | Art et politique | Education populaire | Expérimenter | Spectacle

Première newsletter depuis plus d’un an.

Parce que le monde que nous désirons ne se fera pas sans collectifs de résistance à ce libéralisme monstrueux. Parce qu’un avenir que nous ne voulons pas s’impose avec violence.

Parce que nous avons besoin de réapprendre à travailler en collectif, en commun. Avec puissance et finesse.

L’escargot poursuit avec lenteur et ténacité sa recherche et son voyage.

Nous rejoindre en Argentine....

Notre premier voyage en Argentine avait pour intention de rencontrer des collectifs qui avaient résisté durant les crises nombreuses et cruelles de ce pays.

C’est comme ça que nous avons découvert le théâtre communautaire.

Après de nombreux échanges, formations et voyages, nous sommes enfin prêt.e.s à aller vivre à fond leur expérience incroyable.

Lucile et Tanguy partons six mois en Argentine avec l’Escargot Migrateur et nos familles.

Six mois pour habiter Buenos Aires et partager avec le Circuito Cultural Barracas, cette compagnie de théâtre communautaire qui nous fascine et nous apporte tellement. Six mois pour être à leurs côtés, en immersion, les soutenir, apprendre beaucoup, rencontrer les collectifs qui gravitent autour, et partager nos imaginaires pour continuer à s’armer pour soutenir nos collectifs respectifs.

On rêve de prendre de la hauteur, d’ouvrir nos écoutilles et nos yeux.

On espère rentrer d’Argentine bien bouleversé.e.s dans nos points de vue, nos paradigmes.

On espère aussi pouvoir partager avec humilité ce qu’on aura traversé, vécu, en fabriquer des contenus de formations à partager pour soutenir les projets collectifs qui font sens ici.

Iona tiendra la barre du navire et rejoindra Buenos Aires en mars.

Nous proposons deux formations de 10 jours à Buenos Aires (il y a une première session fin mars et une seconde fin avril) : des formations avec l’équipe du Circuito, l’équipe de l’Escargot Migrateur, et vous, pour comprendre, expérimenter, analyser et s’immerger dans la pratique du théâtre de voisins, cette pratique communautaire qui permet concrètement de changer de paradigme, de penser les projets artistiques et culturels sous un autre angle, avec un autre point de vue.

Le but du théâtre de voisins est de construire et nourrir la communauté, fabriquer des solidarités multiples autour d’une troupe de théâtre, se serrer les coudes dans la tempête en créant, en jouant, en mettant en récit les vies et les futurs désirés.

L’espace du théâtre de voisins est un exemple de puissance et de tendresse.

Parce que le monde que nous désirons  se fera  avec des collectifs de résistance, nous avons besoin de réapprendre à travailler en collectif. On a bien envie de partager tout ça avec vous ! Si ça vous titille de venir nous rejoindre pour 10 jours de formation, on peut vous accompagner pour que ce soit possible.

Les formations se sont très bien remplies, mais il reste encore de la place.

Nous rejoindre à notre retour....

Ensuite, dès le moins juin, nous utiliserons ensemble les espaces de formations à venir pour partager cette expérience.

Alors voilà le programme de nos prochaines formations pour 2022/2023 !

Bien hâte de la suite avec vous, au coude à coude,

L’équipe de l’Escargot Migrateur.


POINT DE BASCULE

lundi 20 septembre 2021
Art et politique | Education populaire | Action collective | Coopération | Gamsci | Actualités | Analyse de la société

De retour de congés, je sors la tête du berceau. Je quitte un nid tendre et joyeux, et découvre une tristesse ambiante. 

"La tristesse à Kaboul, comme à Cergy, c’est la soumission. C’est la soumission à la domination. La tristesse, c’est quand le dominé accepte et même collabore à son propre asservissement. La tristesse, c’est quand on entend la certitude de l’inéluctable", disait Daniel Mermet dans "Là-bas si j’y suis".

Comme il en faut du courage pour résister, pour défendre et se tenir debout. En Palestine, comme en France. En Afghanistan comme en Ethiopie.

Notre impuissance momentanée à contrer les forces d’immobilisme face aux bouleversements du climat est terrifiante. La violence avec laquelle les puissants se battent pour conserver leurs privilèges et leur régime est foudroyante. La tristesse de se voir englué.e.s dans des débats les uns contre les autres est fatigante. La difficulté à faire commun dans une société qui impose un individualisme forcené est sidérante.

Mais, rien n’est joué, rien n’ai perdu.  Rien n’est certain, nos enfants arrivent et l’histoire ne fait que commencer !

En cherchant à comprendre le présent, j’ai aimé la parole synthétique et lucide de Barbara Stiegler : "Les autorités détournent les questions sanitaires pour instaurer une société de contrôle". Elle poursuit : "Il faut bien comprendre que la Covid-19 n’est qu’une répétition générale. Ce n’est qu’un épisode parmi d’autres de la crise écologique.  Des événements similaires risquent de se reproduire à l’avenir, avec la dégradation des écosystèmes et le réchauffement climatique.  Il faut donc dès maintenant les anticiper, réfléchir à la manière dont nous souhaitons les surmonter, démocratiquement et non sur un mode autoritaire."

Alors regroupons-nous. Faisons groupes, tribus, communautés, faisons corps. S’il y a une chose que la Covid nous a appris, c’est que si un humain est touché quelque part, cela nous touche tous !

Au-delà des clivages orchestrés, remettons notre coeur à l’ouvrage, et quand les flux d’infos accaparent nos raisonnements, il reste l’intelligence du coeur. Commençons par refuser la tristesse, en faisant alliance avec les opprimé.e.s, entre opprimé.e.s.

 

Passons à l’action, pour contribuer aux basculements les plus féconds ! 

"À la notion d'effondrement, qui dépolitise les enjeux en postulant une trajectoire unique et comme jouée d’avance, on opposera celle de basculements, qui permet de faire place à l'imprévisibilité croissante de notre temps et au rôle central de la mobilisation politique. Des basculements se produiront en effet, à relativement court terme, sur fond d'une crise systémique du capitalisme, certes produite par les "contradictions" environnementales qui ravagent la planète, mais aussi par des tensions internes entre un capitalisme fossile et un capitalisme techno-"écologique" "  , Jérôme Baschet.

Il est temps que la bascule ne soit plus un point de non-retour, mais un levier qu’on actionne de tout son poids, de toutes ses forces. Il faut opposer à la tristesse de la soumission,  la joie de la lutte collective. 

"En ce sens, la joie n’arrive pas lorsque que l’on évite la douleur,  mais en luttant dans et à travers elle. Faire de l’espace aux sentiments collectifs de rage, de deuil, ou de solitude peut être profondément transformateur. L’Empire, au contraire, travaille à maintenir ses sujets coincés dans une tristesse individualisante : bloqués dans des habitudes et des relations appauvrissantes, toxiques et privatisées. Cette stagnation peut être entretenue par la recherche du bonheur et la tentative de neutraliser ou d’éviter la douleur. Être plus entièrement présent·e, au contraire, veut dire s’ouvrir à ce qui nous affecte et participer activement aux forces qui nous façonnent." Carla Bergman et Nick Montgomery.

Vivre joyeusement, c’est-à-dire précisément, vivre avec les autres, tous les autres, et lutter pour un monde plus juste.

Ici, les anciens répètent que les héros n’existent pas, il y a juste des gens qui font ce qu'ils peuvent quand les autres ne le font pas. Ça commence par ne rien céder aux pièges des débats qui nous divisent et divertissent.

Additionnons nos forces, nos poids, nos cœurs modestes et géniaux, notre ardeur, 

Pour qu’enfin, ça bascule…

Alors, lorsque ce sera au tour de notre petite de sortir sa tête du berceau, je souhaite ardemment qu’on ait les uns et les autres continué à se battre pour un peu plus de solidarité, de coopération, de commun et communautés… et que ses premiers pas dans notre société soient …des pas de joie! 

La petite équipe de l’Escargot,

( Qui à hâte de vous retrouver, dans nos espaces de formations professionnelles, notre espace de recherche sur les Rituels, Célébrations et cérémonies, et sur nos ateliers à prix libres. Les formations sont toutes complémentaires, et des parcours de plusieurs formations sont proposées! )

 

A lire et à écouter :

Joie militante, Construire des luttes en prise avec leurs mondes, Carla Bergman et Nick Montgomery, traduction Juliette Rousseau, Edition du Commun 

Basculements Mondes émergents, possibles désirables, Jérôme Baschet, Éditions La Découverte 

De la démocratie en pandémie : santé, recherche, éducation, Barbara Stiegler, Gallimard, 

Emission Là-bas si j’y suis: https://la-bas.org/

 

 Photo prises  par Tanguy Hoanen / Mathieu Gary


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